Un CODIR ou comité de direction attend des faits, pas des impressions. Les données Keyprod vous permettent de présenter la performance industrielle de façon objective, comparable dans le temps et compréhensible par des interlocuteurs non opérationnels. Ce guide vous explique quels indicateurs sélectionner, comment les lire correctement, et quels pièges d'interprétation éviter pour ne pas fragiliser votre présentation.
Ce que vous allez apprendre
- Sélectionner les 4 à 6 indicateurs pertinents pour un CODIR
- Comprendre la différence entre Taux de production, disponibilité opérationnelle et taux de charge et savoir lequel présenter selon votre contexte
- Lire les tableaux de bord Atelier et Synthèse des indicateurs avec un regard direction
- Identifier les pièges d'interprétation fréquents (effets de période, catégorisation incomplète)
- Construire une narration "résultat → cause → action" à partir des données Keyprod
Prérequis
- Accès aux tableaux de bord Atelier (vue multi-machines) et Synthèse des indicateurs (vue machine)
- Minimum 4 semaines de données avec un taux de catégorisation supérieur à 75 %
- Connaissance du contexte business : objectifs, engagements clients, projets d'investissement en cours
Étapes
Étape 1 : Choisir la bonne période d'analyse
Pourquoi : La période conditionne tout le reste. Une période trop courte amplifie les variations. Une période trop longue dilue les tendances récentes. Pour une réunion ou un CODIR mensuel, analysez le mois calendaire complet : pas les 30 derniers jours glissants, qui peuvent inclure des semaines à cheval sur deux mois distincts.
Dans Keyprod, sélectionnez la plage de dates correspondant au mois écoulé. Si votre CODIR est trimestriel, analysez le trimestre complet. Assurez-vous que la période exclut les arrêts exceptionnels non représentatifs (congés usine, arrêt technique planifié long) : ou signalez-les explicitement dans votre présentation.
Attention : Comparer deux mois qui n'ont pas le même nombre de jours ouvrés (ex. : février vs mars) sans correction fausse la comparaison des temps cumulés. Préférez les indicateurs en pourcentage (Taux de production, DO) plutôt que les temps absolus pour les comparaisons inter-périodes.
Étape 2 : Sélectionner les indicateurs selon votre audience
Pourquoi : Un directeur industriel n'a pas besoin du détail des micro-arrêts machine par machine. Il cherche la tendance globale, les écarts par rapport aux cibles, et les signaux d'alerte qui justifient une décision ou un investissement.
Indicateurs recommandés pour un meeting de Direction :
- Taux de production global atelier : indicateur synthétique, compréhensible, comparable dans le temps
- Taux de pertes et Top 3 causes d'arrêt (temps cumulé) : matière à décision sur la maintenance ou les process
- Progression vs objectif du Taux de production : écart entre le Taux de production réel et la cible configurée
- Tendance mensuelle (3 à 6 derniers mois) : montre si la trajectoire est positive ou dégradée
Étape 3 : Partager une vue générale de l'utilisation des machines
Pourquoi : La page Utilisation globale donne une vue générale sur l'utilisation des équipements. C'est le point de départ naturel d'un reporting direction. Elle vous permet de :
- Suivre les temps de production, d'arrêt et de fermeture machine sur des périodes longues
- Identifier les tendances d'utilisation par groupe de machines ou par site
- Analyser les causes de pertes sur la même période
Étape 4 : Partager des détails sur les pertes des ateliers
Pourquoi : Le tableau de bord Pertes globales vous donne une décomposition croisée sur l'ensemble de vos machines : particulièrement utile pour identifier une cause d'arrêt qui touche plusieurs équipements simultanément (signe d'un problème systémique plutôt que machine-spécifique).
Le module Résumé des pertes (barres empilées) permet de comparer visuellement les machines entre elles : lequel produit le plus ? lequel perd le plus de temps en pannes ?
Bonne pratique : Vous pouvez approfondir cette analyse par un partage du Pareto des pertes sur certains ateliers ou équipements ciblés.
Étape 5 : Construire la narration pour votre CODIR
Pourquoi : Les données brutes ne parlent pas seules. Un CODIR attend une lecture structurée : résultat → contexte → cause → action engagée ou à engager.
Pour chaque indicateur présenté, appliquez ce schéma :
- Résultat : "Le taux de production global de l'atelier X sur le mois de mars est de Y %."
- Tendance : "C'est en hausse / en baisse de Z points par rapport à février."
- Cause principale : "La principale cause d'écart est [cause du Pareto], qui représente N minutes d'arrêt."
- Action : "Un chantier [type d'action] a été lancé le [date]. Résultats attendus en [délai]."
Si vous n'avez pas encore d'action engagée, dites-le explicitement : "Ce point est en cours d'analyse, nous vous présenterons un plan d'action au prochain CODIR." Cela vaut mieux qu'une explication improvisée.
Étape 6 : Vérifier la fiabilité des données avant de présenter
Pourquoi : Un indicateur présenté en CODIR sera scruté. Si la direction découvre que 30 % des arrêts ne sont pas catégorisés, la crédibilité des données présentées s'effondre : et avec elle la crédibilité de la démarche.
Avant toute présentation, vérifiez :
- Taux de catégorisation : proportion d'arrêts "Indéfinis" dans le Pareto. Objectif : < 10 %
- Cohérence des shifts : les plages d'ouverture configurées correspondent-elles à la réalité de la période analysée ?
- Objectif de Taux de production/TRS configuré : sans cible, l'écart affiché n'est pas interprétable.
- Absence d'arrêts atypiques non signalés : arrêt exceptionnel, inventaire, maintenance lourde planifiée.
Règle absolue : Signalez explicitement tout écart de données dans votre présentation ("Note : la semaine du X a été impactée par un arrêt de ligne planifié non représentatif"). La transparence sur les limites de la donnée renforce, elle ne fragilise pas.
Bonnes pratiques
- Préparer le reporting Keyprod 2 à 3 jours avant le CODIR pour avoir le temps de vérifier les données et d'investiguer les anomalies
- Limiter à 5 ou 6 indicateurs maximum : au-delà, l'audience se perd
- Toujours accompagner un indicateur de sa tendance (mois n-1, trimestre n-1) : un chiffre seul ne dit rien
- Exporter les graphiques Keyprod directement pour les intégrer dans vos slides : évite les ressaisies et les erreurs de copie
Pièges à éviter
- Présenter un indicateur sans expliquer ce qu'il inclut : qu'est ce qui est inclut ? avec ou sans micro-arrêts ? Précisez toujours la définition retenue.
- Comparer votre Taux de production ou TRS à un "benchmark industrie" : le TRS varie trop selon les secteurs et les process pour que cette comparaison soit valide sans contexte précis.
- Présenter uniquement les bons chiffres : un CODIR efficace inclut les signaux de vigilance. Une dégradation expliquée et avec plan d'action est bien mieux perçue qu'un écran de bons chiffres qui masquent des problèmes non adressés.
- Sauter l'étape de vérification des données : un indicateur non fiable présenté en CODIR coûte plus cher à la crédibilité que l'absence d'indicateur.
Pour aller plus loin
- Tableau de bord Atelier : Indicateurs globaux
- Comprendre TRS, TRG et TRE : différences et usages